Ecully, le 5 décembre 2025,
À ma deuxième Maman,
Certains, certaines, vivent le départ de leur « Belle Mère » commune une délivrance. Moi le départ d’Eulalia est un traumatisme mais pas seulement. En effet, ce n’est pas simplement un départ je le vois plutôt comme une arrivée. L’arrivée d’une belle course de transmission. Déjà parce qu’Eulalia est la mère de mon épouse adorée et la Grand-Mère de mes enfants chéris. En soi, j’aurais pu en rester là puisque cela rempli et comble déjà entièrement ma vie.
Mais Eulalia ne se résume pas à ça. Déjà elle m’avait adopté et c’était réciproque. Bien que ma mémoire me fasse défaut je me souviens le premier jour où je l’ai rencontrée. C’est un signe, car en générale ce n’est pas de sa belle mère dont on se souvient la première fois que l’on découvre le foyer de sa nouvelle « petite copine »
Rapidement nous nous sommes appréciés et cela a toujours duré.
J’ai été fasciné par nombre de ses qualités. Sa générosité, son engagement et sa tendresse auprès des autres, sa force, sa rigueur et son extrême capacité de travail. Le peu de son histoire que je connais finalement, puisque nous passions notre temps à rigoler, m’impressionne. Une jeune femme de 16 ans qui débarque avec sa valise en carton dans un pays inconnu et qui arrive à tout reconstruire malgré toutes ces difficultés. Cela a forgé une sacrée personnalité.
Comme je le disais précédemment ce n’est pas un départ, c’est une arrivée puisque Eulalia a Transmis. Elle a transmis du bonheur, de la tendresse, la valeur du travail, la nécessité de se relever qu’elle qu’en soit la chute. Je sais au fond de moi que, de cette dernière chute elle se relèvera aussi au-delà et ne cessera d’exister au plus profond des cœurs de chacun de nous.
Eulalia, cuisinière hors pairs, jamais vaincue, nous a régalé à chaque fois qu’elle nous à réunis en famille. Elle était en quelque sorte une courroie de transmission et d’affection. Eulalia m’a toujours surpris car bien que d’une génération différente de la notre elle a toujours été au top de la technologie. Férue de réseaux sociaux, instagram, facebook … Elle savait aussi réparer les pilotes d’impression de son imprimante et bidouiller son ordinateur comme personne. Qu’elle ne fut pas ma surprise de la croiser sur STRAVIA une application réservée aux grands sportifs, plus qu’aux grands amateur de bonne bouffe.
Elle avait de grandes résolutions, en s’achetant par exemple un tapis de course à 70 ans qu’elle n’a pas beaucoup usé, puisqu’elle l’utilisait à vitesse 3. Assez fière de cela c’est vrai que vitesse 3 cela peut impressionner pour une septuagénaire, sauf qu’en réalité, après analyse du mode d’emploi je on s’est aperçu que c’était vitesse 3 km/h… Alors moi qui adorait la chambrer je m’en suis donné à cœur joie. Je ne l’ai d’ailleurs jamais épargnée, car j’adorais me moquer d’elle. Mais elle savait que c’était toujours avec respect alors elle savait en rire avec moi.
Et puis Eulalia nous a fait connaitre le Portugal, combien d’entre nous n’est pas allez chez elle, dans sa petite maison qu’elle a su préserver et même agrandir ces dernières années. Quel beau pays, quelle joie de se farcir 18 heures de route pour aller déguster des poissons grillés et se baigner dans des plages idylliques. Quelle joie de partager l’Agua-pé avec les cousins ! Nous sommes tombés amoureux de votre Pays Eulalia. Pour cela encore Merci !
Je ne pourrais pas finir cet hommage sans parler des repas gargantuesques qu’elle nous préparait en passant de longues heures aux fourneaux. Je me souviens d’un repas de Noel où elle a réussi à nous sortir un couscous après avoir mangé 3 entrées, un poisson et une viande. Et pour finir et bien c’était gâteau aux noix, gâteau roulé à la carotte et ile flottante aux pralines. Sans oublier les petits mon chéri et Ferrero que l’on dégustait après le petit coup du milieu ou le trou normand que Michel nous réservait.
La vie à Serrière c’était quelque chose et je peux dire que l’on ne va pas se priver d’y retourner parce que nous avons aussi adopté Michel et sa Famille.
La dernière fois que j’ai vu Eulalia, elle est passé à la maison parce qu’elle avait RDV avec son fils dont elle avait décidé de s’y vouer corps et âme. Elle m’expliquait que si jamais Michel devait partir avant elle, elle irait sans doute se la « couler douce » dans une maison de retraite. Le destin en a décidé autrement mais elle m’a dit autre chose. Comme si elle avait choisi de partir ainsi. Dans son souci de ne pas déranger, elle m’a dit qu’elle n’avait pas peur de la mort et surtout qu’elle partirait d’un coup. Encore une fois Eulalia a su honorer sa parole.
Alors oui, Eulalia est partie trop tôt, mais encore une fois, avec les valeurs qu’elle à transmis à ses enfants, ses petits enfants et à ses proches, ce n’est pas un départ. Eulalia vous êtes arrivée ! Arrivée à donner aux autres et à transmettre. A jamais dans nos cœurs on vous aime et vous accompagnerez toujours nos pensées et nos actions.
Votre Gendre adoré 😊